Paranormal & Supranaturel

La tour de Babel

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La tour de Babel

Message par Passiflore le Sam 15 Avr - 13:16


Le texte de la Genèse rapporte que les hommes, rassemblés dans la plaine de Shinéar après le Déluge, résolurent d’élever une tour gigantesque.
Dieu (Yahvé), alerté de ce dessein, y mit obstacle en « confondant leur langage » de manière que les ouvriers ne puissent s’entendre entre eux.
Devenus incapables de travailler de concert, les constructeurs abandonnèrent l’entreprise et se dispersèrent dans différentes directions.
La tour inachevée et la ville édifiée autour s’appelaient Babel ou Babylone.

La légende de la confusion des langues

La légende de la confusion des langues a une origine étymologique.
Babel est interprété par l’écrivain biblique, qui écrit peut-être au temps de la captivité des Israélites en Babylonie, dans le sens de « confusion » - confusion des langues, en l’occurrence.
De la même manière, parce qu’ils ne comprennent rien au langage des étrangers, et en premier lieu des Perses, les Grecs prennent bien plus tard, l’habitude de designer ceux-ci du nom péjoratif de « barbares » - la répétition de la syllabe « ba » symbolisant la désorganisation apparente des dialectes non grecs, quels qu’ils soient, par rapport à l’organisation rigoureuse de la langue d’Homère.
De nos jours encore, le langage abondant et confus des enfants est désigné du nom léger de « babil » et l’on qualifie de « blabla » le discours vide de sens d’un orateur peu inspiré…
Mais la légende d’un châtiment divin par la ramification des langues s’inscrit également dans la nostalgie d’un âge d’or où tous parleraient un langage commun assurant ainsi paix et compréhension.
Ce rêve s’exprime dans la légende chrétienne de la glossolalie et de la Pentecôte : saint Paul attribue aux premiers chrétiens la faculté de s’exprimer en une langue autre que celle qu’ils parlent d’ordinaire sous l’effet de la transe mystique, et les Actes des Apôtres évoquent le miracle de la descente de l’Esprit-Saint sous la forme du langues de feu, qui dotent les disciples du Christ du don de s’exprimer en des dialectes autrement inconnus d’eux...

« Que son sommet monte jusqu’au ciel »

Mais la légende de la tour repose aussi sur une réalité.
Il existait en effet à Babylone une construction à étage, ou ziggourat d’après le babylonien, d’origine inconnue mais restaurée sous Nabopolassar (625-605 avant notre ère), fondateur de la dynastie chaldéenne, et sous son successeur, le célèbre Nabuchodonosor (605-562).
Cette construction s’appelait Etemenanki, « la maison du haut lieu entre le Ciel et la Terre ».
Une inscription datant de Nabopolassar explicite ce nom :
« Mardouk (le grand dieu de Babylone) m’a ordonné de planter solidement les fondations de l’Etemenanki, jusqu’à atteindre le monde souterrain, et de faire en sorte que son sommet monte jusqu’au ciel ».
Une autre, datant de Nabuchodonosor, précise que le décor du sommet était fait « de briques d’émail bleu brillant », soit un ornement de la couleur du ciel, parfaitement adapté pour donner l’impression que l’édifice se perdait dans l’infini azur.
Rien ne permet cependant de penser que c’est par présomption que les Babyloniens ont entrepris une telle construction.
Ils ont agi sur « ordre » du dieu Mardouk, précise l’inscription la plus ancienne, et semblent l’avoir fait par souci s’assurer l’harmonie entre Ciel et Terre.
L’historien Hérodote, qui visite Babylone vers 460 avant notre ère, rapporte en effet qu’un dieu rendait visite à une femme qui dormait dans une pièce aménagée dans le haut de l’édifice.
Etemenanki assurait donc le lien -l’union- entre deux ordres de réalité opposés : le haut et le bas, le monde des dieux et celui des hommes.

Un sort funeste

Le rédacteur de la Genèse fait ainsi un nouveau contresens lorsqu’il attribue aux constructeurs de la tour de mauvaises intentions.
Même en ce cas, pourtant, le récit biblique mêle encore le vrai et le faux.
Des peuples d’origine diverse –donc de langues différentes- ont, comme le dit la légende, travaillé à la construction de l’édifice.
Une autre partie de l’inscription de Nabuchodonosor en atteste : « Tous les peuples de nations nombreuses (…) je (les) contraignis au travail. »
Mais cette diversité ethnique n’a pas empêché l’achèvement des travaux –puisque les plaques d’émail du sommet ont été posées.
A l’inverse, il semble qu’un sort funeste se soit en effet acharné sur la tour.
Construite avec peine –au long de plusieurs règnes-, elle survit peu de temps.
Babylone, passée en 539 sous la domination perse, se rebelle en 482.
Xerxès, qui la ramène sous son autorité, exerce des représailles qui causent de sérieux dommages au monument.
Un siècle et demi plus tard, en 331, lorsqu’Alexandre le Grand établit sa capitale à Babylone, il voit la tour ruinée et souhaite la restaurer.
Mais cela demande un tel travail qu’il renonce à ce projet.
Par la suite, la tour sert de carrière aux constructeurs des environs qui la réduisent à un amas informe.
Un édifice est alors construit par-dessus.
Et, lorsqu’il s’effondre, il couvre les ruines de la tour initiale, la cachant pour des siècles.



Publié par Fée le 4 juillet 2005
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L'aspect de la tour

Message par Passiflore le Sam 15 Avr - 13:21

Où est la tour ?

Entre le XVI e et le début du XXe siècle, voyageurs et explorateurs occidentaux se rendant en Mésopotamie se sont efforcés de localiser le fameux édifice.
Les uns proposèrent de le situer à Afar Quf, à l’ouest de Bagdad, d’autre à Borsippa, à proximité de Babylone…
Seules les fouilles archéologiques devaient permettre de trancher.
 
Les preuves archéologiques

C’est en 1913 que l’archéologue allemand Robert Koldewey découvre finalement l’emplacement de la tour.
Sa base forme un quadrilatère de 91,55 m de côté.
Son centre, partie la pluie ancienne, est constitué d’un noyau de briques crues, rehaussé au temps de Nabopolassar et de Nabuchodonosor et entouré d’un nouveau parement en briques cuites.
Les fouilles ont mis en évidence trois escaliers, deux latéraux et un central, ce dernier, perpendiculaire à la structure du bâtiment.

Le témoignage des textes antiques

Ces renseignements sont complétés par les textes antiques : le récit d’Hérodote et surtout la tablette dite « de l’Esagil »conservée à Paris, au musée du Louvre, copiée en 229 avant notre ère d’après un document ancien décrivant le dernier état de la tour.
D’une hauteur de 90 m environ, l’édifice comportait sept étages, faits de murs à redans sans doute verticaux.
Le dernier étage abritait les installations cultuelles parées des briques émaillées bleues de Nabuchodonosor.


Publié par Fée le 5 juillet 2005
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