Paranormal & Supranaturel

Un bien curieux hôtel

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Un bien curieux hôtel

Message par Passiflore le Mar 2 Jan - 12:40

Un jour d'octobre 1976, deux couples de Douvres, en Angleterre, s'embarquèrent pour un voyage qui devait les conduire en France et en Espagne. Il n'y avait rien là que de bien ordinaire et pourtant leurs vacances allaient les entraîner dans un autre monde.
Geoff et Pauline Simpson et leurs amis, Len et Cynthia Gisby, prirent donc le bateau pour Calais. Arrivés en France, ils louèrent une voiture et prirent la route du sud. Le premier soir, vers 21 h 30, ils commençaient à chercher un hôtel où passer la nuit lorsqu'ils virent, à une centaine de mètres de l'autoroute, un motel d'apparence assez confortable.
Len s'adressa à la réception, où il fut accueilli par un homme vêtu d'un curieux uniforme couleur prune. Il n'y avait plus de chambres au motel, mais il trouverait un petit motel un peu plus loin, en reprenant la route départementale vers le sud. Len et ses amis s'y engagèrent donc.
Ils furent frappés par l'aspect vieillot de la route aux pavés disjoints et par les maisons délabrées qu'ils croisaient sur leur chemin. Ils virent aussi des affiches annonçant un cirque. Pauline raconta plus tard qu'il s'agissait d'un très vieux cirque. "C'est pour cette raison que nous nous y sommes intéressés à ce point," ajouta-t-elle.
Ils finirent par apercevoir un édifice bas et tout en longueur, percé d'une rangée de fenêtres toutes brillamment éclairées. À Cynthia qui s'informait de l'endroit auprès de quelques personnes qui se tenaient à la porte de ce que les amis croyaient être un hôtel, on dit que c'était une auberge et non pas un hôtel. Ils continuèrent donc à rouler jusqu'à ce qu'ils arrivent en vue de deux édifices. L'un était un commissariat, l'autre, un vieil immeuble de deux étages, portait une enseigne : "Hôtel".
Ils y prirent des chambres pour la nuit. Il se faisait tard et ils n'avaient plus beaucoup le choix. Il leur faudrait donc composer avec un intérieur rustique, l'absence de tout confort moderne et même la laideur des objets d'un autre âge qui meublaient le prétendu hôtel.
Les chambres n’étaient guère plus accueillantes. Les lits avaient des draps lourds et rugueux et il n’y avait pas d’oreillers. Les portes ne fermaient pas à clé et n’étaient retenues que par des loquets de bois. La robinetterie de la salle de bain que les deux couples étaient obligés de partager était aussi vétuste que le reste.
Après avoir avalé un pauvre dîner, les quatre voyageurs retournèrent à leurs chambres et ne tardèrent pas, malgré tout, à s’endormir. Ils furent éveillés au matin par les rayons du soleil qui filtraient à travers les volets de bois. Ils se rendirent à la salle à manger où on leur servit un petit déjeuner. Geoff trouva le café noir imbuvable.
Pendant qu’ils mangeaient, une femme vêtue d’une robe du soir en soie et portant un petit chien sous le bras était entrée et était venue s’asseoir à une table voisine. « Elle était étrange, devait raconter Pauline plus tard. Il était 7 h du matin et on aurait dit qu’elle revenait du bal ! Je ne parvenais pas à détacher mon regard d’elle. »
À cet instant, deux gendarmes entrèrent dans la salle à manger. « Ils ne ressemblaient pas du tout aux gendarmes que l’on a l’habitude de voir en France », raconta Geoff. Leurs uniformes étaient vieux, d’un bleu marine passé. Ils étaient enveloppés d’une capeline et portaient de larges chapeaux à visière.
Malgré le caractère insolite de ce qui les entourait, les quatre amis se sentaient heureux d’être à l’étranger et ils savouraient leur première matinée de vacances. Après le petit déjeuner, ils remontèrent dans leurs chambres, où chacun des maris prit une photo de sa femme, debout devant la fenêtre fermée.


En sortant de l’hôtel, Len et Geoff demandèrent aux gendarmes de leur indiquer la meilleure route pour Bordeaux et, de là, pour la frontière espagnole. Les gendarmes parurent ne pas comprendre ce que signifiait le mot « autoroute » et les voyageurs prétendirent par la suite que ces curieux policiers n’avaient pas su prononcer correctement un seul mot de français. Ils semblaient mal connaître le pays et, plutôt que l’autoroute, indiquèrent aux deux couples une mauvaise route qui passait à quelques km de là.
Ils mirent leurs bagages dans le coffre de la voiture et, au moment de payer, Len fut stupéfait de ne se voir demander que 19 francs. Convaincu qu’il devait y avoir erreur, il expliqua qu’ils étaient quatre et qu’ils avaient pris un repas à l’hôtel. Le gérant se contenta de hocher la tête d’un air absent. En sortant de l’hôtel, Len montra la facture aux gendarmes, qui lui déclarèrent en souriant qu’ils n’y voyaient rien d’anormal. Il paya et s’empressa de sauter dans la voiture avant qu’on ne change d’avis.
Sur la route du retour, après deux semaines passées en Espagne, les quatre amis convinrent de s’arrêter au même hôtel : ils y avaient passé un bon moment et les prix battaient tout ce qu’ils avaient vu pendant leur voyage. Ce soir-là, il pleuvait et la visibilité était mauvaise, mais ils réussirent à reconnaître leur chemin, grâce surtout à l’affiche du cirque qu’ils avaient vue à l’aller.
« C’est sûrement la bonne route»,  affirma Pauline.
C’était bien la route, mais l’hôtel ne s’y trouvait pas. Ils pensèrent l’avoir dépassé sans s’en rendre compte et firent demi-tour jusqu’au motel où ils avaient eu affaire à l’homme à l’uniforme prune. Ils trouvèrent le motel, mais l’homme qu’ils cherchaient n’y était pas et le préposé à la réception les assura que l’homme qu’ils décrivaient n’avait jamais travaillé là.
Ils refirent à trois reprises le trajet entre le motel et le lieu où aurait dû se trouver l’hôtel. Rien. On eût dit qu’il n’avait jamais existé.
Ils reprirent la route vers le nord et passèrent la nuit à Lyon. Pour une chambre moderne, le dîner et le petit déjeuner, chaque couple dut payer 247 francs.
De retour à Douvres, Geoff et Len firent développer les photos qu’ils avaient prises pendant le voyage. Les photos de l’hôtel qu’ils avaient tant cherché se trouvaient en principe au milieu de leur rouleau respectif – une photo de Geoff, deux de Len. Lorsqu’on leur remit leurs photos développées, celles qui avaient été prises à l’intérieur de l’hôtel manquaient. Il n’y avait même pas de négatifs ratés. Chaque rouleau de pellicule contenait le nombre habituel de photos. On eût dit que ces photos n’avaient jamais été prises. Pourtant, un journaliste, qui s’intéressa ultérieurement à l’affaire, remarqua un petit détail : « On voyait clairement que l’appareil photo avait tenté de se rembobiner au milieu du film. Les pignons d’engrenage de la bobine avaient laissé des traces de perforation sur les négatifs. »
Pendant trois ans, les deux couples ne parlèrent plus à personne de cette histoire. L’un d’eux découvrit dans un livre qu’avant 1905 les gendarmes français portaient des uniformes semblables à ceux qu’ils avaient vus. Un journal de Douvres eut vent de l’histoire et lui consacra un petit article et la télévision locale produisit un téléfilm qui s’en inspirait.
En 1985, un psychiatre de Manchester, Albert Keller, hypnotisa Geoff Simpson afin de savoir s’il n’allait pas se rappeler quelque fait oublié en rapport avec l’incident de l’hôtel. Il n’ajouta rien à ses témoignages précédents.
Jenny Randles, un écrivain britannique qui a enquêté sur cette étrange aventure, a écrit : »Qu’est-il vraiment arrivé à nos quatre voyageurs dans la France profonde ? Ont-ils fait un voyage dans le temps ? Si oui, on peut se demander pourquoi le gérant de l’hôtel n’avait pas manifesté d’étonnement à la vue de leur véhicule futuriste et de leurs vêtements et pourquoi il avait accepté leurs devises françaises de 1979. Celles-ci auraient sûrement semblé étranges à quelqu’un vivant dans un temps reculé. »
Quant aux deux couples, ils n’arrivent toujours pas à s’expliquer leur expérience. « C’est arrivé, c’est tout ce que nous savons », déclare Geoff.
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Re: Un bien curieux hôtel

Message par Butterfly le Sam 7 Avr - 0:41

Histoire édifiante qui n'est pas sans rappeler celle des deux anglaises ayant revécu une journée, des derniers jours de Marie Antoinette au Trianon. Elles ne furent d'ailleurs pas les seules, d'autres vécurent la même aventure par la suite. 
Si on admet que le temps n'est pas linéaire et que chaque événement, fut-il de la durée d'un dixième de seconde, reste gravé dans le temps et se répète à l'infini, une faille pourrait-elle laisser entrevoir un passé pas si disparu que ça ? Et dans ce passé, pas si disparu, est-il possible de penser que les protagonistes aient eu, vivant aux abords de cette faille, une certaine habitude de voir des choses et des gens étranges et inconnus de leur époque ? 
Ou bien peut être pourrait-on imaginer, que les voyageurs ne sont pas apparus à l'hôtelier tels qu'en 1979, mais possiblement tels qu'ils y séjournaient eux-mêmes, déjà, dans une vie précédente, se retrouvant ainsi eux-mêmes à une époque ancienne à laquelle ils avaient vécu ?
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Re: Un bien curieux hôtel

Message par Passiflore le Sam 7 Avr - 14:57

et les voyageurs prétendirent par la suite que ces curieux policiers n’avaient pas su prononcer correctement un seul mot de français.
Ce qui me gêne, dans ces histoires de voyages temporels, c'est qu'il y a toujours des détails qui clochent... 

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Re: Un bien curieux hôtel

Message par Butterfly le Sam 7 Avr - 23:44

Peut être parce que nous sommes dans le domaine du paranormal ( si on accepte cette éventualité, bien sûr ) et que comme pour les contacts médiumniques il arrive que les sons et les paroles soient hachés, mal intelligibles. Ca relève sans doute du même mécanisme.
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Re: Un bien curieux hôtel

Message par Passiflore le Dim 8 Avr - 11:47

Parfois c'est le contraire.
Bien que se retrouvant des siècles plus tôt (à ce qu'il semble), les témoins n'ont aucune peine à comprendre les personnages qui vivaient à cette époque, ni à se faire comprendre...

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Re: Un bien curieux hôtel

Message par Passiflore le Dim 8 Avr - 11:50

Comme sujets postés récemment sur ce forum, il y a La roulotte maléfique, dans la rubrique "Les différentes magies, sorcellerie", et Les O.V.N.I. dans les temps reculés.
Cela devrait t'intéresser...

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