Paranormal & Supranaturel

La roulotte maléfique

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La roulotte maléfique

Message par Passiflore le Mar 6 Fév - 17:53

Jimmy Guieu reçut une lettre d’une auditrice lui relatant la singulière aventure survenue à sa grand-mère, il y a plus d’un demi-siècle (à la fin des années 1910) :
Je rendis visite à cette vieille dame (aujourd’hui âgée de 74 ans), qui me fit le récit qu’elle avait fait bien souvent à sa fille et, plus tard, à sa petite fille citée plus haut. 
Durant la première guerre mondiale, l’héroïne de cette histoire vivait en Espagne. À l’âge de 16 ans, elle épousa le « Capitaine Reguera dit Buffalo Bill », un solide quadragénaire appartenant à la troupe du cirque Amar. Le capitaine Reguera, habile lanceur de couteaux, fit de sa jeune épouse sa partenaire qui prit alors le surnom de « Miss Florinda ». Le couple suivait le cirque dans une « roulotte du temps passé », fort peu confortable. Aussi bien, lorsqu’un forain proposa à Reguera de lui vendre sa propre roulotte, beaucoup plus moderne et ce pour un prix dérisoire, notre lanceur de poignards sauta-t-il sur l’occasion et s’y installa avec Florinda et leurs deux enfants.


Au gré de son périple, le cirque Amar vint en France. C’est alors que la santé de Florinda se détériora peu à peu : l’on parla d’une métrite compliquée d’un mal que les médecins ne parvenaient pas à diagnostiquer. Une nuit, Florinda vit sortir d’un placard de la roulotte une jeune femme aux longs cheveux blonds, vêtue d’une sorte de voile, peut-être une chemise de nuit. L’apparition, brandissant un poignard, se dirigeait vers la couchette de Florinda. Cette dernière poussa un cri d’effroi et, sur l’autre couchette, son époux se réveilla en sursaut, alluma la lampe à pétrole, inquiet. Florinda, bouleversée, lui expliqua ce qu’elle venait de voir. Le capitaine Reguera s’efforça de la calmer, arguant que ce placard – dont la porte était fermée – n’aurait vraiment pas pu abriter qui que ce soit, rempli de linge qu’il était. Il ne pouvait s’agir que d’un mauvais rêve, d’un cauchemar.
Quatre ou cinq jours plus tard, dans la nuit, Florinda s’éveilla subitement en entendant, de nouveau, s’ouvrir la porte du placard : une fois encore, la même jeune femme aux longs cheveux blonds en sortait, armée d’un couteau ! Florinda resta un instant paralysée, se demandant si c’était elle ou son mari que l’inconnue voulait poignarder ? Négligeant la couchette du capitaine Reguera, l’apparition se dirigea droit sur Florinda qui se mit à hurler. Réveillé par ses cris, le mari gratta prestement une allumette et trouva son épouse livide, angoissée… mais nulle trace du fantôme. Il la rassura, répéta qu’elle avait été victime du même cauchemar, lui montra le placard bien innocent aux étagères chargées de linge.
Quelque temps s’écoulèrent. Florinda s’affaiblissait, incapable et de s’occuper de ses enfants et de servir de partenaire à son époux. Les enfants furent donc confiés à leur grand-mère et Florinda, bien que de santé chancelante, put continuer de participer aux représentations du cirque.
Chaque soir, au moment de se coucher, l’anxiété la tenaillait : elle appréhendait le retour de l’apparition. Une nuit, apitoyé par la crainte morbide qui minait son épouse, Reguera, pour la rassurer, cloua carrément la porte du placard avec de gros clous. De la sorte, la « méchante femme » n’en pourrait plus sortir ! 
–Regarde, précisa-t-il, même un homme costaud ne pourrait ouvrir le placard. Tu peux dormir tranquille.
Son assurance n’était qu’un pieux mensonge car il se demandait si sa malheureuse épouse qui dépérissait, victime d’un mal inconnu, n’était pas en train de perdre la raison !
Au milieu de la nuit, un cri de terreur le réveille. Il allume la bougie, se précipite vers sa femme qui, la voix brisée par les sanglots, répète sa litanie : la femme aux longs cheveux est revenue, sortant du placard armée d’un poignard et le brandissant vers elle. Excédé, Reguera entoure de son bras les épaules de Florinda, la force à s’approcher du placard :
–Tiens, regarde la porte condamnée, regarde les clous qui…
Il laisse sa phrase en suspens et tique violemment, incrédule. Les clous ont été arrachés, la porte est entrouverte !
Et le robuste et cartésien capitaine Reguera de se poser alors des questions. Nul n’aurait pu arracher ces clous sans faire de bruit, sans le réveiller, lui, qui jusqu’ici n’avait pas cru un traître mot de cette ridicule histoire. De cette dramatique histoire qui conduisait lentement mais sûrement sa compagne vers la tombe car, récemment, le dernier médecin consulté lui avait avoué son impuissance devant ce mal inconnu. Le praticien estimait que la malheureuse n’avait plus que deux mois à vivre, trois peut-être, mais pas davantage !
Désemparé, Reguera avait tu ce terrible verdict et cette nuit, devant cet inexplicable phénomène, tout en essayant d’apaiser la terreur de Florida, il réfléchissait. Il se remémorait la description de cette apparition menaçante, se faisait une nouvelle fois préciser un détail. Et peu à peu, une idée – absurde dès l’abord – fit en lui son chemin. Cette description semblait bien correspondre, point par point, à celle de sa première femme ! Sa première femme que Florinda n’avait jamais vue, qui n’avait donc pu être influencée par le souvenir de son image ! Se pouvait-il que l’ex-madame Reguera eût exercé – ou fait exercer – un envoûtement de haine contre sa rivale ?
Un envoûtement qui se serait manifesté dès l’achat de la roulotte ? De cette roulotte dont le propriétaire s’était défait à un prix vraiment dérisoire ? Mais ce propriétaire était un brave homme, incapable d’être mêlé à une aussi sordide affaire d’envoûtement. Si l’hypothèse de l’envoûtement était à retenir, était-il possible que l’ex-femme de Reguera – ou son exécutant – eut placé un « voult », un objet maléficié quelque part dans cette roulotte ?
Ce raisonnement, c’est nous qui le tenons et non point le capitaine Reguera, lequel, se bornant à constater les faits, décida sur-le-champ de se débarrasser au plus tôt de cette roulotte maléfique… qu’il vendit à son tour à un prix dérisoire !
Ému par la détresse de ces gens de la balle, le directeur du cirque leur acheta une nouvelle roulotte et jamais plus l’étrange et inquiétante apparition ne se manifesta. La frêle « Miss Florinda », condamnée à brève échéance, récupéra très rapidement contre l’avis de la Faculté et put de nouveau reprendre ses enfants, s’en occuper, tout en jouant, le soir, les « cibles vivantes », silhouettée par une volée de poignards lancés d’une main sûre par le Capitaine Reguera dit Buffalo Bill !
La frêle « Miss Florinda » qui me rapporta cette étrange aventure a aujourd’hui*, je le répète, 74 ans et et se porte bien. Malheureusement – pour moi – ni elle ni son époux ne se sont souciés de savoir ce qu’était devenu l’acquéreur de leur roulotte, ni s’il avait subi, à son tour, les maléfices qui gâchèrent près de quatre années de leur vie. 

*en 1973
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Re: La roulotte maléfique

Message par Van Fée le Lun 12 Fév - 16:55

Impressionnant ! Ces nuits n'étaient pas de tout repos...

Je ne pense pas que ça soit un envoûtement de la roulotte. 
Pourquoi prendre l'apparence de son ex-femme ? C'est bizarre.
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Re: La roulotte maléfique

Message par Passiflore le Mar 13 Fév - 12:31

Moi aussi, j'ai trouvé ça bizarre. L'ex-femme de Reguera était-elle toujours en vie à l'époque ? On aurait bien aimé le savoir. Il semble bien que oui... Mais comment s'y serait-elle prise pour maléficier cette roulotte ? 
Ces manifestations s'apparentent plutôt à une hantise qu'à un envoûtement...
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Re: La roulotte maléfique

Message par Van Fée le Mar 13 Fév - 13:27

Dommage qu'on n'en sache pas plus.
Si elle était toujours en vie à l'époque, je ne pense pas qu'elle ferait ce genre de chose... Et encore moins une projection d'elle...
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Re: La roulotte maléfique

Message par Butterfly le Lun 9 Avr - 14:49

Une possible image résiduelle de la personne à qui aurait appartenu la roulotte auparavant. Après tout, le lanceur de couteaux n'était sans doute pas le seul homme à avoir une femme aux longs cheveux blonds...
Ou simplement un cauchemar récurrent, dû, lui, à des manigances de sorcellerie, sachant que la force du sorcier réside surtout dans la peur qu'il inspire. Et qui du même coup, le cauchemar prenant l'aspect d'une vengeance de la première femme du lanceur de couteaux, l'atteignait aussi.

Dommage qu'à part l'histoire de Guieu, on ne trouve trace nulle part de cet homme, qui a quand même bien dû à un moment donné avoir des affiches de son numéro, de la pub, etc...
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Re: La roulotte maléfique

Message par Passiflore le Lun 9 Avr - 17:17

Cette explication est très plausible... 
C'est vrai que, souvent, les sorts agissent davantage sur le psychisme, qu'en provoquant des actions concrètes...

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