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Les îles des ombres

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Les îles des ombres

Message par Passiflore le Mar 11 Déc - 18:02

Bonjour, Adelantado !
Le vieillard écarta avec douceur les gamins qui lui lançaient des saluts ironiques et, comme tous les jours, il s'assit à l'extrémité du môle en contemplant la mer.
Il s'appelait Pedro de Ulmo. Une dizaine d'années auparavant, il avait débarqué à Lisbonne d'un navire marchand qui revenait d'Afrique. Le capitaine avait trouvé Ulmo accroché à une épave et à demi-mort de froid, au large des Canaries.
Quand on demanda au naufragé d'où il venait, il ne put donner aucune précision. Il parlait seulement d'une « île aux sept cités » et demanda à plusieurs reprises au capitaine du navire de l'y conduire.
-Je ne peux pas me dérouter, répondit le capitaine, mais à Lisbonne vous trouverez certainement un navire qui vous y conduira.
Et il donna l'ordre à voix basse d'enfermer dans une cabine ce malheureux qui, de toute évidence, avait perdu la raison au cours de son naufrage, car l'île des Sept Cités n'existait pas.

À Lisbonne, Pedro de Ulmo ne tarda pas à faire parler de lui. Il se rendit d'abord dans une luxueuse maison et prétendit s'y installer, affirmant qu'elle lui appartenait. Les serviteurs eurent beaucoup de mal à le mettre à la porte.
Le même jour, Ulmo se fit introduire au Palais Alvarez, demanda à parler à la fille du seigneur Alvarez et s'élança vers elle en jurant qu'il ne l'avait pas oubliée, qu'il l'aimait toujours et qu'il désirait l'épouser le plus tôt possible.
La jeune fille, effrayée par cet individu en guenilles qui lui déclarait son amour, donna l'ordre de le faire sortir et le menaça de prévenir la police s'il revenait.
Le lendemain, ce fut au tour d'un fonctionnaire du gouvernement de recevoir la visite d'Ulmo.
-Je viens vous rendre compte, dit ce dernier, de la mission que m'avait confiée le roi.
-Le roi vous avait confié une mission ? dit le fonctionnaire étonné.
-Oui, celle de découvrir l'île des Sept Cités. Et je suis heureux de vous annoncer que c'est chose faite. Mon navire a fait naufrage et mes compagnons ont péri, mais j'ai l'intention de remettre à Sa Majesté un rapport détaillé sur ma découverte.
-Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, répondit le fonctionnaire d'un ton sec. Envoyez votre rapport si vous voulez. Je le transmettrai au service intéressé.
Et il congédia son visiteur.


La semaine suivante, Pedro de Ulmo se présenta de nouveau. Il désirait obtenir une audience du roi. On lui fit de vagues promesses, et comme, quelques jours plus tard, il envoyait une lettre dans laquelle il faisait mention encore de l'île des Sept Cités, on se décida à effectuer des recherches dans les archives au sujet de cette expédition. On finit par découvrir, en effet, un contrat passé entre Joao II et un certain Pedro de Ulmo, en 1490, qui partait à la découverte d'une nouvelle terre. Ulmo s'engageait à en prendre possession au nom du Portugal. En revanche, il serait nommé « adelantado », c'est-à-dire gouverneur.
Le dossier ne comportait qu'une seule pièce : ce contrat. Et ce contrat avait été signé un siècle auparavant.
Cette fois, on ne douta plus de la folie de ce naufragé qui prétendait être la réincarnation de ce Pedro de Ulmo qui avait dû disparaître en mer, car on n'avait jamais eu de nouvelles de son expédition.
Pour se débarrasser de l'insensé, on lui mit le contrat sous les yeux.
-Si vous étiez réellement Pedro de Ulmo, lui dit-on, vous auriez plus de 100 ans à l'heure actuelle. Voyons, n'insistez pas et tâchez de reprendre vos esprits...

L'histoire de Pedro de Ulmo commença de se répandre dans Lisbonne. On racontait qu'il s'était rendu de nouveau au Palais Alvarez et qu'il avait affirmé être fiancé avec une femme dont le portrait ornait le salon où on l'avait reçu. Or, ce portrait était celui de la bisaïeule de la jeune fille qui avait déjà éconduit le soi-disant Pedro de Ulmo.
Si donc l'étrange naufragé était fou, sa folie obéissait du moins à une certaine logique. Il prétendait être Pedro de Ulmo parti sur l'ordre de Joao II pour découvrir dans l'Atlantique une certaine île où, selon une tradition, des catholiques s'étaient réfugiés au VIIIe siècle, pour échapper à l'invasion des Maures. Et ce Pedro de Ulmo s'était bien fiancé, avant son départ, à Seraphita Alvarez, l'arrière-grand-mère de la jeune fille à laquelle le naufragé avait déclaré son amour.
Tout se passait donc comme si le naufragé avait été réellement Pedro de Ulmo, revenu plus d'un siècle après son expédition.
-Ou c'est un imposteur, disait-on, ou il s'agit d'un homme qui a perdu la raison à la suite de son naufrage et qui se prend pour Pedro de Ulmo dont il connaissait l'histoire.


Le naufragé n'était pas rebuté par les sarcasmes qui avaient accueilli ses différentes démarches. Il chercha à convaincre les armateurs de lui confier un navire pour redécouvrir la fameuse île dont il donnait de magnifiques descriptions. Tous l'éconduisirent. Alors, il s'embarqua pour Les Canaries et, à Las Palmas, il tenta de nouveau d'intéresser un armateur ou un capitaine à son projet. Il s'attendait à devoir exposer des détails de son aventure, à apporter des preuves, mais à peine avait-il prononcé le nom de son île, qu'on lui répondit tranquillement :
-L'île des Sept Cités ? C'est son nom de légende. En vérité, elle s'appelle l'île Barodon. Ainsi, vous y êtes allé vous aussi ?
Le naufragé, stupéfait de n'avoir pas à convaincre son interlocuteur, s'écria :
-Vous savez qu'elle existe, n'est-ce pas ?
-Mais oui, elle existe. On peut même la voir, par beau temps, de l'une des Canaries, l'île de Fer.
-Je savais bien, je savais bien que je n'avais pas rêvé, répétait le naufragé.
-Vous n'êtes pas le premier qui prétend y avoir débarqué. Mais quant à y retourner…
-Vous ne voulez pas me confier un navire ?
-Je vous répète que vous n'êtes pas le seul découvreur de l'île Barodon, ni le seul à vouloir en prendre possession, mais on dirait que Barodon est une île qu'on ne peut voir deux fois dans sa vie. Alors, dans ces conditions, vous confier un navire…

Le naufragé désespérait. Il frappait à toutes les portes, répétait qu'il était l'adelantado de l'île des Sept Cités. On l'écoutait avec indulgence et on s'éloignait.
Il prit alors l'habitude de se rendre tous les jours sur le port de Las Palmas, toujours au même point du pôle, et de regarder l'horizon dans la direction de son île.
Il ne demandait même plus aux capitaines de l'emmener. Immobile, le regard plein de sa vision intérieure, il semblait vivre hors du temps. Transfiguré par sa légende, il était devenu lui-même un personnage légendaire. Il était Pedro de Ulmo.
Un matin, des pêcheurs découvrirent Pedro de Ulmo étendu sur le quai, le visage tourné vers le large, les yeux grands ouverts, mais fixes, étonnamment fixes. Sa chair était froide comme la pierre des statues.

♦️

C'est la folie des îles qui avait tué Pedro de Ulmo, mais l'île qui avait causé sa perte était située à mi-chemin entre l'imaginaire et le réel, et son existence posait une énigme : cette île Barodon a été marquée sur les cartes nautiques pendant deux siècles !
Lorsque Emmanuel de Portugal, celui-là même qui avait reçu Fernao Lopes, l'ermite de l'Ascension, abandonna en 1519 ses prétentions sur les Canaries, il mentionnait la huitième île de l'archipel, la fameuse île sur laquelle celui qui prétendait être Pedro de Ulmo disait avoir débarqué, et qu'on baptisait alors l'île non trouvée ou l'île perdue.
En 1526, deux Espagnols la recherchèrent en vain et leur échec est d'autant plus surprenant que le 3 avril 1570, un juge de l'audience royale de Canarie reçut un rapport du gouverneur de l'île de Fer. Selon ce rapport, plus de 100 témoins avaient distingué avec netteté, dans le nord-ouest et à 40 lieues, les contours d'une terre.
De son côté, le pilote portugais Pedro Velho affirmait qu'au cours d'une tempête, il avait abordé sur l'île Barodon. Il y avait trouvé une source d'eau douce, des traces de pas et des vestiges d'un campement. L'Espagnol Marco Verde relata également qu'il avait touché pendant quelques heures une île semblable, dans les mêmes parages.

Les navigateurs et les géographes estimèrent alors que la réalité de cette île ne pouvait être mise en doute. D'autres expéditions partirent, de 1604 à 1721, toutes commandées par des marins expérimentés : Villalobos, Perez de Acosta, Gaspar Dominguez, mais leurs navires errèrent en vain sur la mer vide.
Et pendant ce temps, on continuait à voir, de l'île de Fer, l'île Barodon, avec une telle netteté qu'on put même en dessiner les contours.
À cette île insaisissable, il fallait une légende. On l'identifia donc à l'île de Saint-Brendan - dont Barodon est une déformation - cet évêque irlandais qui partit, au VIe siècle, à la recherche d'une certaine île des Bienheureux que, selon la chronique, il finit par découvrir après plusieurs méprises, notamment après avoir débarqué sur le dos d'une gigantesque baleine, la prenant pour une terre.
D'après les indications du récit de Saint-Brendan, on se persuada que l'île Bienheureuse gisait dans les parages des Canaries, et qu'il s'agissait de l'île fantôme qu'on apercevait de l'île de Fer.
Car l'île mystérieuse poursuivait ses apparitions. On distinguait deux collines arrondies, séparées par une vallée au fond de laquelle, certains jours, moutonnaient des nuages, et encore des criques, des anfractuosités, des grèves, tout cela très lointain, mais précis.

La silhouette de l'île Barodon circula de mains en mains :
-J'ai déjà vu cette île, déclara soudain un pilote, en fixant le croquis.
-Bien entendu, de l'île de Fer, comme des centaines de personnes, lui répondit-on.
-Non, je ne suis jamais allé à l'île de Fer.
-Au large de Madère ?
-Non. D'ailleurs, j'ai toujours navigué dans le sud, le long de l'Afrique.
-Personne n'a vu Barodon au large de l'Afrique !
-Je n'ai pas dit que c'était au large de l'Afrique que je l'ai vue.
Il réfléchit.
-Ce n'est pas non plus au large du Portugal, mais plus à l'ouest.
Le pilote regarda encore les contours de l'île.
-Je l'ai même vue plusieurs fois, souvent même…
-Vous seriez bien le seul…
Le visage du pilote s'illumina.
-Je ne crois pas. Car cette île, c'est une autre Canarie : l'île de Palme !
-L'île de Palme. Mais elle est plus au nord !
-C'est la partie occidentale de l'île de Palme, affirma le pilote d'un ton assuré, du moins sa partie la plus élevée.

Les géographes étudièrent cette hypothèse. Des marins firent des reconnaissances, prirent des relevés et conclurent que le pilote avait raison : l'île Barodon n'était qu'un mirage. C'était bien l'image de l'île de Palme qui, dans certaines conditions atmosphériques, se reflétait sur les nuages.
Quant aux navigateurs qui soutenaient y avoir abordé, ils n'avaient pas menti, mais avaient atterri sur l'île Madère…

♦️

L'aventure de Pedro de Ulmo nous plonge au cœur de la légende des îles.
L'île, nous le savons déjà, est, par essence, chargée de mystère. La mer l'isole, lui confère une personnalité qui lui est propre en même temps qu'elle la met en contact avec l'infini des horizons.
Il était donc naturel que les imaginations primitives eussent eu tendance à peupler d'individus étranges ces terres étranges, perdues dans l'inconnu des océans, et qu'elles en eussent fait le séjour aussi bien des morts que des divinités immortelles, des damnés que des élus, et en général de tous les êtres dont l'existence échappe à la raison.
C'est ainsi que Pindare parle d'une ville de Saturne, située dans une île au milieu de l'océan et qui est la demeure « de ceux dont les âmes ont habité trois fois la terre et trois fois les enfers, pures de toute injustice ». Hésiode place dans cette même île la retraite des héros. Les mythologies antiques, européennes, indiennes ou celtes s'accordent en général pour placer le paradis sur une île, l'île étant par excellence le lieu de prédilection des esprits. Ainsi, Helvoetsfuis, à l'embouchure de la Meuse, Boyard dans la Baltique, Onogorojima dans la mer du Japon.
Les îles enfers sont moins nombreuses. La plus célèbre était l'île scandinave d'Hornum où erraient les spectres des voleurs, des meurtriers et des naufragés.
Ces îles nécropoles, qu'elles soient le séjour des élus ou des damnés, ne sont d'ailleurs pas toutes des inventions de la mythologie puisqu'on retrouva des tumulus et des tombes dans le golfe du Morbihan, au large des côtes dalmates, en Mer du Nord, aux Nouvelles-Hébrides, dans les Carolines ou dans la fameuse île de Pâques.
Mais les morts ne sont pas les seuls à peupler les îles légendaires qui sont le plus souvent le royaume d'être fantastiques. Les Arabes placent des hommes minuscules à El Ramany, et, à Wak, de curieux arbres femmes aux branches desquels pendent par les cheveux des corps féminins.


D'ailleurs, les habitants les plus fréquemment rencontrés sur ces îles sont des femmes, symboles des séductions de l'île et allusion à ces peuplades aux mœurs faciles qui attirèrent les premiers navigateurs du Pacifique. Ainsi l'Arabe Gezirêt el Nessa, la Grecque Lemnos et l'océanienne « terre des filles immortelles » au nord-ouest des îles Fidji et, parmi les îles occidentales du Moyen Âge, cette grande « île féminine » que recherchèrent en vain les marins, toutes ces terres qui, selon un chroniqueur « ont esté veues autrefoys et sont escriptes au mape monde, et ne sçait si elles sont enchantées ou si elles sont fondues »…
… Fondues comme c'est île des Sept Cités du pauvre Pedro de Ulmo ou comme Antilia avec laquelle on l'a confondue quelquefois et qui était située sur les cartes sur le parallèle 36°5.
Près d'Antilia gisait une terre au large de laquelle une main gigantesque surgissait de la mer pour entraîner les habitants au fond de l'eau, la seule peut-être des îles que les navigateurs ne tenaient pas à trouver. Mais c'est grâce à l'attrait des îles enchantées que les découvreurs partirent à la conquête du monde.
Peu à peu, le sillage de leurs navires effaça la masse d'ombre des îles imaginaires. De la nuit de la légende sortaient, éclatantes de soleil, de nouvelles îles, bien réelles, aux positions sûres, mais qui gardèrent toujours, comme une auréole, un peu de mystère qui les avait fait naître.



R. de la Croix, mystères des îles

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Re: Les îles des ombres

Message par Butterfly le Ven 14 Déc - 18:05

On peut s'interroger aussi sur le faux souvenirs que la mémoire crée lorsqu’une personne ou une collectivité sont convaincus de l'existence d'une chose, qui n'existe pas forcement. Et du coup on se demande ( allez osons ! ) si cette sorte d'égrégore ne pourrait pas finir par créer une sorte de mirage, l'image de l'objet lui même.

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Re: Les îles des ombres

Message par Passiflore le Ven 14 Déc - 18:20

Ce qui est bizarre, c'est que cet homme parle comme s'il était vraiment Pedro de Ulmo...

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Re: Les îles des ombres

Message par Butterfly le Ven 14 Déc - 19:05

Oui, mais n'est-il pas arrivé à s'en convaincre au fil du temps ?

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Re: Les îles des ombres

Message par Passiflore le Sam 15 Déc - 15:07

Je note :
Le même jour, Ulmo se fit introduire au Palais Alvarez, demanda à parler à la fille du seigneur Alvarez et s'élança vers elle en jurant qu'il ne l'avait pas oubliée, qu'il l'aimait toujours et qu'il désirait l'épouser le plus tôt possible.
Et plus loin :
Tout se passait donc comme si le naufragé avait été réellement Pedro de Ulmo, revenu plus d'un siècle après son expédition.
Il faut avouer que c'est troublant...
C'est comme si cet homme était "possédé" par le défunt, cad Pedro de Ulmo, que visiblement il n'était pas...  perplexe
Il y a du paranormal là-dessous, sans aucun doute.

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Re: Les îles des ombres

Message par Butterfly le Sam 15 Déc - 15:16

Oui, ça fait clairement penser à une possession.

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Re: Les îles des ombres

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