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Dictionnaire de magie et de sorcellerie (3)

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Message par Passiflore le Lun 8 Avr 2019 - 13:56

Enclouage : pour envoûter, certains sorciers charentais utilisent les clous d’un vieux cercueil, qu’ils ramassent un à un en disant : « clou, je te prends pour que tu me serves à faire tout le mal possible à ceux qu’il me plaira. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen ! » Le sorcier pique un des clous dans l’empreinte de ses pas, qu’il entoure d’une figure magique. Si la victime passe à cet endroit, elle est « enclouée » ou ensorcelée. Cela vaut également pour les animaux, surtout les chevaux. Revirer le clou d’avance, c’est retourner le maléfice contre son auteur (voir Choc en retour).   

Enfants volés : au Moyen Âge, on croyait que les enfants étaient volés soit par les fées du Nord, qui voulaient leur substituer les petits monstres issus d’elles, soit par les sorcières pour les dédier au Diable ou, s’ils se montraient « incompétents en diableries », pour les sacrifier lors d’un sabbat. Ces rapts pouvaient être évités en traçant une croix sur le berceau ou sur la porte ; en laissant une lumière allumée dans la pièce ; en déposant un morceau de fer au voisinage de l’enfant.

Envers : en Provence, on croit que porter un vêtement mis à l’envers éloigne les maléfices.

Envoûtement : ensemble de pratiques sexualo-magiques reposant sur l’analogie, la loi de sympathie et les rapports de causalité, visant à forcer la nature et le destin, avec une intention d’amour ou de haine. L’envoûtement est vieux comme le monde : on en a retrouvé la trace sur les parois des cavernes du quaternaire, les cylindres-sceaux babyloniens, les papyrus égyptiens. 

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Il a donné lieu à de grandes affaires politiques : tentatives d’assassinat sur la personne de Ramsès III, de Jean XXII, de Louis X le Hutin, de Charles VI. Il fut une des causes de la Guerre de Cent ans, avec le problème de la succession d’Artois. Les Valois, Jacques 1er d’Angleterre ne mettaient pas en doute son efficacité, pas plus que la Montespan, le général Pike, l’abbé Boullan et J.K. Huysmans. Ses plus célèbres victimes furent Enguerrand de Marigny, la Galigaï et, de nos jours (en 1968), le curé de Bombon, accusé de maléficier des fientes d’oiseaux et d’envoyer des maladies vénériennes. L’envoûtement demeure très vivace dans les campagnes, où l’on emploie principalement le cœur de mouton dardé d’épingles, la photographie de la poupée de cire (dagyde).

Pratique de l’Envoûtement :
La personne qui désire envoûter son prochain doit faire preuve d’une volonté tenace, qu’elle peut d’ailleurs entretenir grâce à un entraînement physico-psychique exigeant : l’isolement mental, la relaxation, des exercices respiratoires, un développement des facultés imaginatives tendant à « visualiser » la victime, le plus possible. À la volonté viennent se joindre les pratiques incantatoires (prière ardente ou exécution éventuelle) ; l’emploi de l’eau lustrale, des parfums, des cierges noirs ; le port de bijoux faits de plomb ou d’onyx, matières préférées des entités invisibles. L’envoûtement proprement dit se résout en une pratique élémentaire qui consiste à cajoler une figure de cire ou de terre glaise : statuette, dagyde, marmouset ou volt (du latin vultus : regard), en souhaitant que cette dernière ressente toutes les caresses dont on la réconforte ou tous les coups (piqûres, brûlures) dont on l’accable. 

« Quelques-uns pensent faire tort à autrui en faisant une image au nom de celui qu’ils veulent blesser ; ils la font de cire vierge ou neuve, et lui mettent le cœur d’une hirondelle sous l’aisselle droite, et le foie sous la gauche. Item ils pendent l’effigie à leur cou avec un fil tout neuf, laquelle ils piquent en quelque membre avec une aiguille neuve, en disant quelques mots que j’ai laissés exprès, de crainte que les curieux n’en abusassent. Cette image est quelquefois faite d’airain et pour plus de difformité ils lui retournent les membres, comme lui faisant un pied au lieu d’une main, et une main au lieu d’un pied et lui tournant la face le devant derrière. Pour faire un plus grand mal, ils font une image en forme d’homme et lui écrivent un certain nom dessus la tête, et aux côtés mettent ceci : Alif, lafeil Zazahit mel meltat levatam lentace ; puis ils l’enterrent dans un sépulcre. Pour le même effet, comme ils appellent, ils préparent deux images, lorsque Mars domine ; l’une est de cire, l’autre est faite de la terre d’un homme mort, on baille le fer dont un homme est mort dans la main de l’une des images pour en percer la tête de l’image qui représente celui que l’on veut faire mourir… Pour acquérir l’amour d’une femme, on fait une image à l’heure de Vénus, on la compose de cire vierge, au nom de celle que l’on aime, on y appose un caractère, et on la fait chauffer près du feu : ce faisant on se souvient de quelque ange… » (Jean Wier, Histoires, disputes et discours).

À l’exclusion de cette pratique, on peut recourir aux procédés suivants : 

  • la charge, que l’on enterre sous le seuil de l’ennemi ou en tout autre endroit qu’il fréquente régulièrement. La charge est souvent composée d’un crapaud ou d’un serpent bourré d’ingrédients divers (poils, ongles, cheveux, débris d’hostie consacrée, de vêtements intimes, etc.) ;
  • l’enclouage, qui consiste à enfoncer le plus souvent un clou « soit dans l’empreinte que vient de laisser à terre la personne ou l’animal à enclouer, soit un beau jour de soleil, dans leur ombre portée » (Dr Teutsch, L’Envoûtement) ;
  • le chevillement, qui empêche les hommes d’uriner (urotopegnie), en plantant tout simplement une cheville dans la terre humide ;
  • le nouement de l’aiguillette, ligature qui vise à rendre l’homme impuissant, à empêcher la consommation des mariages et la  procréation, au moment même de l’échange des anneaux conjugaux. Il suffit pour cela de nouer des fils de laine ou de chanvre, des rubans, des cheveux, ou la verge d’un loup récemment tué.

Afin d’éviter le danger terrible, souvent mortel,  du choc en retour, l’envoûteur doit agir dans le plus grand secret, à l’abri des oreilles indiscrètes et des yeux fureteurs, capables de déceler les charmes ou de découvrir des images transpercées. Pour réussir, l’opération doit être triangulaire, c’est-à-dire, prévoir, en dehors de la victime désignée, un animal ou un objet (récipient rempli d’eau, boule de cire, plaque de gélatine) apte à recevoir, en retour, le fluide émis par un contre-envoûteur. Cet animal, cet objet agissent à la manière d’un paratonnerre ou d’un bouclier.

Protections contre l’envoûtement :
Ces dernières sont innombrables, variant suivant les pays et les coutumes religieuses. Les dérivateurs (eau de Lourdes, eau bénite, vinaigre) attirent le fluide néfaste ; le charbon de bois l’absorbe ; les pointes (clous, poignards, pincettes) agissent sur lui comme sur l’électricité. On se protège également en entourant son lit d’une sorte de cage de Faraday ; en portant des bijoux qui subissent l’influence des astres et des planètes ; en brûlant des parfums. Est à recommander aussi le port des amulettes, des talismans, des pentacles et des médailles à l’influx bénéfique. La récitation de prières à St Michel éloigne les charmes, lorsqu’elle est accompagnée de bénédictions, d’aspersions d’eau bénite et de signes de croix.

Esprits : génies ou démons. Plus spécifiquement, le terme désigne les âmes des défunts, se manifestant ou non.

Esprits volants : élémentals utilisés pour la réussite d’une opération d’envoûtement.  

Esquilies : quartier mal famé de la Rome antique. Dans son cimetière opéraient Sagana et Canidia ; elles déterraient les jeunes enfants pour confectionner des philtres magiques avec leur cœur et leur foie.  

Fascination :

  1. Croyance à l’Œil du Diable, dont parle déjà Marc, 7. Après saint Thomas, les démonologues crurent que les enfants étaient très sensibilisés au mauvais œil des vieilles femmes ou des sorcières. En 1599, Del Rio met la fascination en rapport avec un pacte diabolique. On parla beaucoup de fascination avec Bridget Bishop dans le procès des sorcières de Salem.
  2. Espèce de charme qui fait voir les choses telles qu’elles ne sont pas.

Fascinum : « Le fascinum des Romains, cet espèce d’amulette phallique que les femmes, et surtout les enfants, portaient pendue (sic) à leur cou ou à l’épaule, fut en usage chez les Français pendant plusieurs siècles. De fascinum, ils firent par contraction le mot fesne. Ils nommèrent aussi ces amulettes, mandragores, nom d’une plante dont les formes de la racine se rapprochent de celles du sexe masculin, et à laquelle on attribuait en conséquence des vertus occultes et préservatrices contre les maléfices. On faisait, en l’honneur de ces amulettes phalliques, des incantations, des prières : on leur adressait des vers magiques pour en obtenir du secours. » (J.A. Dulaure, Les Divinités génératrices.)

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Amulette

Fascinatrix ou fascinatrice : « qui a le mauvais œil ». Par extension : sorcière.    

Fermer la femme : une recette appelée Gardien des femmes (corde à 7 nœuds enduite de limaçons pourris pendant 41 jours et mise en terre sur le passage de la femme visée) permet aux sorcières de rendre la femme impropre au coït. C’est le pendant du nouement de l’aiguillette pour les hommes et de la pratique de l’embarrement.     

Fétiche :
du portugais fetisso, objet fée ou enchanté. Objet de fabrication humaine, vénéré comme une idole par les sauvages, qui souvent le nourrissent de sang ou lui offrent des sacrifices. Par extension : objet considéré comme porte-bonheur. Familièrement : synonyme de mascotte, porte-chance, etc…  
    
Feu : la destruction par le feu des images de démons ou de sorciers est réputée entraîner leur mort.

Figue (geste de la) : geste de contre-charme, poing fermé, pouce passé entre l’index et le médius. Il  peut être effectué en cachette, derrière le dos. Obscène dans l’Antiquité, le geste devint magique dès le début du Moyen Âge.       

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Forgerons : plusieurs d’entre eux jouissaient autrefois d’une réputation de sorciers. Invulnérables au feu, ils guérissaient les convulsions en couchant les enfants malades sur l’enclume et en mimant le geste de leur broyer le ventre. La contraction due à la peur s’avérait efficace dans les crises aigües, dans le Berry, notamment.       

Géocie ou géomancie : on l’appelle parfois Magie d’en bas, nullement par rapport au Diable, mais pour signifier qu’il s’agit d’une divination interprétant des signes (généralement des points) tracés sur le sol. Ne pas confondre avec goétie.     

Goétie : nom donné à la magie diabolique. Donc magie noire ou sorcellerie démoniaque, qui fait appel aux esprits et aux forces maléfiques. On l’oppose à la magie blanche, thaumaturgie ou théurgie. Ne pas la confondre avec la géocie.     

Goule : dans les superstitions orientales (la tradition rabbinique parle de Gholes ou spectres se nourrissant de sang humain), sorcière ou vampire suçant le sang des vivants ou déterrant de nuit des cadavres pour dévorer leur cœur. On rencontre de fréquentes allusions aux goules dans les poèmes d’Horace et dans les Mille et une Nuits.

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Grand mêlé : livre de secrets magiques utilisé par les sorciers de Guernesey, pour commander aux marées.     

Grand sorcier :
magicien.     

Grenouille(s) :
À Breuil-Barret (Vendée), les sorciers enfermaient une grenouille rainette dans une boîte trouée, au-dessus d’une fourmilière. Quand la bête avait été dévorée, ils réduisaient son squelette en poudre et répandaient cette poudre sur les vêtements de la femme qu’ils voulaient séduire.    

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Gri-gri : représentation sculptée du protecteur des tribus primitives. On le porte suspendu surtout au cou et au poignet. Certains gris-gris protègent plus spécialement contre les maladies : on les appelle charme ou médecine. Les sorciers charentais en confectionnent encore. Ils les appellent Abraxas et nombreux sont les gens simples qui les gardent constamment sur eux, épinglés à leur linge de corps. 

Dictionnaire de magie et de sorcellerie (3) Gri-gr10






Ibid.

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