PARANORMAL & SUPRANATUREL

La magie et ses diverses définitions

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Message par Passiflore le Ven 31 Mai 2019 - 18:09

Le mage, chez les Mèdes et les Perses, est un membre de la caste sacerdotale. Chez les Grecs et les Romains, le terme désigne l’astrologue puis le magicien, au sens large que nous employons encore aujourd’hui.

Quant aux magiciens, les démons sont leurs collaborateurs, disent Tertullien et Origène. Bossuet reprend cette idée dans son premier sermon sur les démons. Ils ont souvent été excommuniés.
Le magicien est celui qui obtient grâce aux recettes de la magie, des résultats étonnants et surnaturels pour le profane (ces résultats sont prodigieux, mais non miraculeux). On distingue le magicien du sorcier. Le magicien occupe parfois des fonctions publiques. C’est un personnage important, respecté, voire bienfaisant.

Pour le magicien, l’action est déterminante, même au prix de la révolte. Alors que la prière remercie Dieu, implore sa clémence, accepte sa volonté et ses décrets ; alors que la science explore avec humilité, avec circonspection ; la magie, elle, refuse de s’incliner non seulement devant un ordre quelconque, fût-il de de Dieu ou du Diable, mais encore devant les lois naturelles et immuables.

Fort de son savoir, de ses pouvoirs occultes, de ses formules et de ses rites, le magicien veut se substituer à la foi, pour son propre bénéfice ou celui d’un commanditaire. Inévitablement, sa magie sera orientée par ses désirs. Elle sera blanche, s’il travaille pour le bien ; noire, s’il se range aux côtés du Diable et sollicite son appui. Est-il nécessaire de préciser que l’arsenal des recettes et des rites est infiniment diversifié, limité seulement par l’imagination ? Pourtant, dans le foisonnement mouvant des magies, on peut distinguer une réelle unité de conceptions, une permanence indiscutable de procédés, qu’il s’agisse d’amour ou de haine, de pouvoir ou d’argent.    

À l’encontre de la religion qui postule l’humilité, l’action de grâces et la prière, la magie est une technique, un art ou une « haute science » prétendant asservir des entités et des forces occultes, par un rituel impeccable dans ses gestes et ses formules. Dominant les forces du mal, elle leur fait produire des effets apparemment contraires aux lois naturelles, mais sans aucun miracle. Si l’opération échoue, ce n’est pas la faute de la doctrine mais de l’exécution ou de l’exécutant.  

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Cornélius Agrippa (Philosophie occulte) : « La Magie est la véritable science, la philosophie la plus élevée et la plus mystérieuse, en un mot la perfection et l’accomplissement de toutes les sciences naturelles. C’est une science philosophique d’une puissance intense et secrète, science du merveilleux et du mystère qui s’allie à toutes les sciences : physique, mathématique, astrologie, théologie et qui a pour base l’étude des planètes, des éléments, des pierres. Car tous les éléments du monde contiennent l’âme de l’univers. »

Collin de Plancy (Dictionnaire infernal) : « La Magie est l’art de produire dans la nature des choses au-dessus du pouvoir des hommes, par le secours des démons ou en employant certaines cérémonies que la religion défend. »

Pseudo Albert-le-Grand : « Il est une merveille qui surpasse l’entendement, mais que l’on voit bien agir : c’est l’engagement des hommes et de leurs puissances par les enchantements, les caractères, les sortilèges, les paroles et plusieurs autres choses qui semblent minimes, impossibles et ne devoir se faire naturellement. Après examen, Avicenne a raison de dire que les hommes ont une certaine puissance ou fantaisie de changer les choses quand ils le peuvent par le moyen de quelque autre, ou bien quand ils en haïssent ou aiment quelques-unes avec excès… Tout ce que l’on appelle chose merveilleuse ou surnaturelle, que l’on nomme vulgairement Magie, vient des affections de la volonté ou de quelque influence céleste à certaines heures particulières. »

Delrio : « La Magie, généralement prise, et en termes universels, est un art ou une faculté produisant, par une vertu créée et non surnaturelle, plusieurs choses émerveillantes et inaccoutumées desquelles la raison surpasse les sens et la commune portée des hommes. Selon la cause efficiente, elle peut être naturelle, artificielle ou diabolique. »

René Guénon :
« La Magie est une science physique au sens étymologique de ce mot, puisqu’il s’agit des lois et de la production de certains phénomènes d’ordre subtil et non pas corporel… C’est une science traditionnelle, mais parmi celles qui appartiennent à l’ordre le plus inférieur, dont les résultats sont tout aussi réels dans leur ordre que ceux de toute autre science… C’est une science traditionnelle authentique. Comme telle, elle peut légitimement avoir une place parmi les applications d’une doctrine orthodoxe. »

Murray et Rosalie Wax :
« La Magie ne sépare pas le monde visible du monde invisible, le Tangible, de l’Intangible. Son univers n’est pas cohérent et ordonné. L’homme vit dans un monde où tout ce qui est merveilleux et surnaturel à nos yeux d’Occidentaux est pour lui naïvement naturel. C’est une sorte de chaos où l’Ici-bas et l’Au-delà se confondent, où les Effets et les Causes ne sont pas liés par l’enchaînement rigoureux que nous connaissons aujourd’hui, mais par leurs propres désirs ou l’action qui peut être exercée sur eux. C’est le domaine des métamorphoses où tout peut, à tout instant, changer de forme, de comportement ou d’essence. Cet univers que la Religion et la Science ont figé est, pour la Magie, malléable. Tout y étant en état de précarité peut être incité ou contraint sans cesse à de nouvelles mutations. »

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Illustration de Louis Le Breton pour le Dictionnaire infernal


Une fois définie la magie, restent les intentions :

Albert le Grand écrit : « Toute science est bonne, en soi, mais son opération est bonne ou mauvaise suivant la fin vers laquelle on la dirige. D’où l’on conclut deux choses : la première, que la Magie n’est pas défendue ni mauvaise, puisque par sa connaissance on peut éviter le mal et faire le bien ; la seconde, que l’on loue l’effet par sa fin et que souvent une science n’est pas approuvée parce qu’elle ne mène pas au bien ou à la vertu. Donc, toute science est bonne ou mauvaise, comme on le voit dans la Magie qui est une bonne connaissance, mais fort dangereuse lorsqu’on s’en sert pour connaître le fond des choses naturelles ». Et l’Abbé de Tritheim renchérira : « Dans la Magie, c’est la pratique qui est dangereuse, non la connaissance. »

Le cabaliste Ernest Fraenkel précisera le danger : « L’aspiration humaine à la connaissance et à la pratique de la magie n’a rien de répréhensible en elle-même. Elle fait partie de la lutte contre la souffrance et pour l’épanouissement de la joie d’être. Elle peut et doit être mise au service de la constitution de la personne mondiale… Il faut cependant déterminer avec précision dans quelles conditions l’emploi des procédés magiques favorise l’intégration ou sert de support à la désintégration de l’être. On ne doit agir qu’en connaissance de cause. L’ignorance doit s’abstenir. »

On peut diviser la magie en :

  • magie contagieuse ou par contagion  ou par contiguïté ou par contact direct ;
  • magie homéopathique ou par similitude ou par contact figuré.

On peut aussi la diviser en :

  • magie théorique ou spéculative ;
  • magie pratique ou opératoire.

Dans le domaine sociologique, il convient de distinguer :

  • une magie associée à la religion ou théurgie (si elle la combat, on l’appelle goétie ou magie noire dont la branche inférieure est la sorcellerie) ;
  • une magie d’aspect progressif qui dépasse la religion et crée des systèmes philosophiques.

On parle vulgairement de magie blanche, rouge et noire : magie blanche se dit soit pour une magie bénéfique, soit pour une prestidigitation ; magie rouge s’emploie à  l’égard de la magie diabolique (parce qu’au Moyen Âge le rouge noirâtre était caractéristique du Diable), et pour toute magie sanglante (Macumba, Vaudou, etc…) ; magie noire se dit de toute magie diabolique.

Magie (historique de la) : il est probable (et les peintures rupestres renforcent cette hypothèse) que nos ancêtres des cavernes vivaient dans un univers magique. Menacé de toutes parts, l’homme s’efforçait de survivre en recherchant des armes efficaces, matérielles ou non. Était-ce la formule spirituelle ou le coup d’épieu qui assurait le succès de la chasse ? Personne ne le saura. Une tradition prudente empêche la magie d’être prise en défaut : si son action est inefficace, c’est que la formule a été mal prononcée, mal exécuté le rite, ou qu’une contre-magie hostile est intervenue. Le plus malin triomphe ainsi du plus fort. Et le vrai pouvoir, celui qui mène à la royauté, est aux mains du Grand Sorcier, s’il sait en faire usage.
Sans vouloir généraliser, on peut admettre que ces remarques valent pour les peuples « primitifs ». Leur magie intéresse, elle aussi, des objets particuliers et admet des forces spécifiques : forces diffuses (dénommées mana, oranda) ou entités-esprits (le Grand Manitou), personnelles ou impersonnelles, que le magicien soumet et utilise. Voici par exemple l’invocation rituelle d’un sorcier du Gabon :

Oh ! toi, qui commandes à la force, toi l’Esprit de l’énergie virile,
Tu peux tout et sans toi, je ne puis rien, je ne puis rien,
Moi qui te suis consacré, moi qui te suis voué, ô Esprit,
De toi je tiens ma force, ma puissance. Tu m’as donné le don.
Esprit de la force, c’est toi que j’appelle !
Tu dois obéir, je t’ai donné ce que tu demandais, ô Esprit,
Le sacrifice fut offert, sacrifice offert dans la forêt,
Esprit, je suis à toi, tu es à moi, viens. 

Si le mana est ce qui confère l’efficacité à la formule, au rite ; s’il est une charge dynamique impersonnelle, il se personnalise dans le totem animal qui veille sur chaque clan, totem lui-même protégé des profanes par une série de tabous.
Aux débuts de l’Histoire, la magie connaît un véritable âge d’or en Égypte et en Chaldée. Rehaussée par une astrologie fameuse, la magie chaldéenne est difficilement séparable de la religion naturiste sumérienne et de la religion astrale sémitique.

Face aux « Sept », aux groupes traditionnels de démons funestes conduits par Nergal, le roi des Enfers, on invoque les grands dieux ( et son fils Marduk) ainsi que les génies protecteurs : Lamassu et Shêdu. Pour affronter ces puissances, le cérémonial est compliqué ; le personnel hautement spécialisé. Le magicien, l’ashipu ou grand-prêtre, se fait assister d’un incantateur, de voyants, d’un médecin. Les dieux lutteront pour lui et une fois le succès obtenu, une quantité d’amulettes et de talismans préserveront le « client » du retour éventuel des fléaux.

Rien n’est promis formellement car tout dépend des dieux. Les textes restent muets sur les prodiges qu’on attribuera ultérieurement à la magie babylonienne (métamorphoses, résurrections, invisibilité). Deux domaines demeurent privilégiés : la médecine (la maladie est un démon qu’il convient de chasser du corps de l’homme) et l’astrologie, qui jouit d’un prestige immense grâce à une aura de mystère et un vocabulaire inintelligible.  

En Égypte, la magie est tout aussi officielle, religieuse, cérémonielle, avec toutefois moins de génies et de démons répertoriés. Il n’y a pas de magicien spécialisé ; c’est le prêtre qui invoque et évoque à son gré. La frontière entre le divin et l’humain étant mal précisée, il n’existe qu’un pas de l’évocation à la menace. Le nom exact est tout, donc moyen de pression sur les dieux. S’ils veulent qu’on les adore, qu’ils assistent en premier leurs fidèles ! Le pharaon-dieu est « le maître des charmes magiques » et il a ses prêtres-magiciens (on se rappelle l’épisode de leur lutte contre Moïse et son bâton-serpent).



Ibid.

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"Que de terribles entités, dotées de pouvoirs très étendus, évoluent dans notre environnement et à nos dépens, est l'évidence même. Elles sont partout et nous devons être sur nos gardes." Albert S. Rosales
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