PARANORMAL & SUPRANATUREL

Ils ont séjourné au Royaume des Morts

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Message par Passiflore le Jeu 1 Aoû 2019 - 15:25

Bède le Vénérable, un moine anglais qui vécut de 673 à 735, rédigea en 731 une Histoire ecclésiastique de la nation anglaise. Parmi d'autres prodiges, Bède relate l'histoire d'un homme "revenu d'entre les morts"; si l'on tient compte des différences inhérentes au langage et à la culture de l'époque, on verra que ce récit ressemble par plusieurs de ses aspects à ceux que l'on recueille de nos jours.

En ce temps-là, un miracle insigne, semblable à ceux des jours anciens, eut lieu dans la Grande-Bretagne. Car afin de réveiller les vivants de la torpeur spirituelle où ils étaient tombés, un homme qui était mort revint à la vie corporelle et raconta maintes choses remarquables dont il avait été témoin, et dont il m'a paru opportun de donner ici brève mention.

Un chef de famille vivait naguère dans une ville du pays de Northumbrie appelée Cunningham; il menait, avec tous ceux de sa maison, une vie fort dévote. Cependant, il tomba malade et son état empira rapidement; aux premières heures de la nuit, il mourut. Mais à l'aube, il revint à la vie et s'assit soudainement sur sa couche, au grand effroi de ceux qui l'entouraient en pleurant, et qui s'enfuirent à toutes jambes. Seule, son épouse, qui l'aimait tendrement, demeura près de lui, tremblante et apeurée. L'homme la rassura et lui dit : 

-Sois sans crainte; car j'ai vraiment échappé à l'étreinte de la mort, et il m'a été donné de vivre à nouveau parmi les hommes. Mais il me faudra dorénavant vivre autrement que je ne l'ai fait jusqu'ici, et adopter un mode de vie très différent.

[...] Peu de temps après, il renonça à toutes ses obligations mondaines et se retira dans le monastère de Melrose, lequel est presque entièrement encerclé par une boucle de la rivière Tweed.

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Voici comment il avait coutume de raconter son aventure :

-J'avais pour guide un homme avenant vêtu d'une robe brillante, et nous marchions en silence vers ce qui semblait être la direction nord-est. Tout en allant droit devant nous, nous arrivâmes à une large et profonde vallée dont la longueur paraissait infinie. Il me fit bientôt passer de l'obscurité à une atmosphère de claire lumière, et tandis que j'avançais dans la lumière brillante, j'aperçus au-devant de nous une muraille colossale qui n'avait de limite ni en hauteur ni en longueur, dans toutes les directions. Ne lui voyant aucun porche, aucune fenêtre, aucune entrée, je commençai à me demander pourquoi nous étions venus jusqu'à ce mur; mais lorsque nous parvînmes à son pied, tout d'un coup, et je ne sais par quel moyen, nous nous trouvâmes à un faîte. À l'intérieur s'étendait une vaste et agréable prairie [...] La lumière qui resplendissait en ce lieu surpassait en brillance la lumière du jour ou les rayons du soleil à midi.

Le Guide dit :

-Il te faut maintenant rejoindre le corps que tu as laissé et revivre parmi les hommes; toutefois, si tu veux bien peser tes actes avec plus de soin et oeuvrer de façon à conserver tes paroles et ta conduite dans les voies de la vertu et de la simplicité, alors quand tu mourras, tu obtiendras toi aussi une demeure parmi ces esprits bienheureux que tu vois. Car lorsque je t'ai quitté durant quelques instants, je l'ai fait pour découvrir ce que sera ton avenir.

Comme il disait ces mots, je ne me sentais guère enclin à retourner vers mon corps, car j'étais ravi par le charme et la beauté du lieu, ainsi que par l'agrément de la compagnie que j'entrevoyais. Mais je n'osais pas questionner mon guide et, sur ces entrefaites, je me retrouvai soudain vivant à nouveau parmi les hommes.

Cet homme de Dieu se refusait à commenter tout cela et les autres choses qu'il avait vues lorsqu'il s'adressait à des indifférents ou à des personnes aux moeurs relâchées; il réservait ses récits à ceux qui vivaient dans la crainte du châtiment ou dans l'espérance des joies éternelles, ceux qui voulaient bien prendre à coeur sa parole, et croître en sainteté.


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Voici maintenant un échantillon issu d'une culture différente; nous le devons à un ethnologue anglais du XIXe siècle, Sir Edward Burnett Tylo. Dans son livre Primitive Culture, il cite cette anecdote polynésienne :

Cette histoire fut contée à M. Shortland par un serviteur nommé Te Wharewera. Une tante de cet homme mourut dans une cabane solitaire près des rives du lac Rotorua. Comme il s'agissait d'une personne de haut rang, on la laissa dans sa cabane, on en obtura la porte et les fenêtres, et la demeure fut abandonnée, car la mort de celle qui l'occupait l'avait rendue taboue. Pourtant un ou deux jours après, Te Wharewera, qui pagayait avec quelques autres dans son canoë, non loin de ce lieu, au petit matin, vit soudain sur la rive une silhouette qui leur faisait des signes. C'était la tante, revenue à la vie; mais elle se sentait faible, elle avait froid, elle avait faim. Lorsqu'elle se fut suffisamment restaurée grâce à cet opportun secours, elle leur narra son aventure.

Abandonnant son corps, son esprit s'était envolé en direction du cap du Nord, et était arrivé à l'entrée de Reigna. Là, s'agrippant à la tige de la plante rampante akéaké, elle était descendue le long du précipice et s'était retrouvée sur le bord sablonneux d'une rivière. Regardant autour d'elle, elle aperçut à quelque distance un énorme oiseau, dépassant la taille d'un être humain, qui fonçait dans sa direction à grandes enjambées. Cet objet terrifiant l'effraya tellement que son premier mouvement fut de tenter de regrimper le long de la falaise; mais apercevant un vieillard qui s'approchait en ramant dans un petit canoë, elle courut vers lui, échappant de la sorte à l'oiseau.

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lac Rotorua

Lorsqu'elle se vit conduite en sûreté sur l'autre bord de la rivière, elle interrogea le vieux nautonier; lui ayant décliné le nom de sa famille, elle lui demanda dans quel lieu demeuraient les esprits de ses ancêtres. Parcourant le chemin que le vieillard venait de lui indiquer, elle s'étonna de voir qu'il s'agissait d'un sentier en tout point semblable à ceux auxquels elle était accoutumée sur terre. Elle atteignit le village, et parmi la foule assemblée elle reconnut son père et de nombreux proches parents; ils saluèrent son arrivée et l'accueillirent au son de ce chant plaintif que les Maoris réservent à ceux qui reviennent d'une longue absence. Mais quand son père lui eut demandé des nouvelles de ceux de sa famille qui étaient encore vivants, et notamment du jeune fils de cette femme, il lui enjoignit de retourner sur terre, parce qu'il ne restait personne qui pût s'occuper de ce petit-fils. Se pliant aux ordres du père, elle refusa de toucher aux nourritures que lui offraient les morts, et en dépit des efforts qu'ils déployaient pour la retenir, le père la reconduisit en sûreté dans le canoë, traversa le cours d'eau avec elle, et en la quittant il tira de sous son vêtement deux énormes patates douces qu'il lui recommanda de planter dans son jardin à l'intention toute spéciale de son petit-fils.

Mais comme elle s'apprêtait à remonter le long de la paroi du précipice, deux enfants-esprits la poursuivirent et cherchèrent à lui faire rebrousser chemin; elle ne réussit à leur échapper qu'en leur jetant les patates, qu'ils se mirent aussitôt à dévorer pendant qu'elle escaladait le rocher en s'aidant de la tige de l'akéaké jusqu'à ce qu'elle eût regagné la terre; elle courut aussitôt vers le lieu où elle avait laissé son corps.

En reprenant connaissance, elle se trouva dans l'obscurité; tout ce qui s'était passé lui paraissait comme un rêve, jusqu'à ce qu'elle s'aperçût que sa cabane était déserte, que la porte était condamnée, ce qui lui fit comprendre qu'elle était vraiment morte et revenue à la vie. À l'aube, un faible jour filtra par les lattes mal jointes de la maison abandonnée, et elle aperçut près d'elle sur le sol une calebasse partiellement remplie de terre d'ocre rouge mêlée d'eau qu'elle s'empressa de boire jusqu'à la lie. Puis, ayant retrouvé quelque force, elle parvint à ouvrir la porte et se traîna jusqu'à la plage où ses amis la découvrirent peu après. Ceux qui écoutèrent son récit furent persuadés de la réalité de cette aventure, mais tout le monde regretta vivement qu'elle n'eût pas été en mesure de rapporter au moins l'une de ces grosses patates douces, comme preuve de sa visite au séjour des esprits.


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L'écrivain anglais Thomas De Quincey (1785-1859) avait acquis une grande familiarité avec ce genre de phénomène. Dans les Confessions d'un mangeur d'opium anglais, il a décrit ses propres problèmes dus à l'usage de l'opium, usage très répandu à son époque, le commerce de cette drogue étant libre; on pouvait alors s'en procurer facilement et en toute légalité. Il raconte comment des scènes de son passé reprenaient soudain vie devant lui; et ceci lui remet en mémoire une histoire que lui avait rapportée une parente (il s'agissait en réalité, selon de nombreux érudits, de la propre mère de l'écrivain).

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Dans la première édition (1821) de son livre, il écrit :

"Une de mes proches parentes m'a raconté un jour qu'étant enfant, elle était tombée dans une rivière et se fût certainement noyée si des secours n'étaient arrivés à brûle-pourpoint; dans ce moment-là, elle revit en un instant toute son existence passée, et jusqu'aux incidents les plus infimes, étalés simultanément devant elle comme dans un miroir; et une faculté s'était brusquement développée en elle qui lui permettait d'en appréhender à la fois l'ensemble et le moindre détail."

Dans un ouvrage suivant, Suspiria de profundis, De Quincey s'étend davantage sur cet épisode et attire l'attention sur la réaction de scepticisme que ce passage avait fait naître chez certains lecteurs :

"Si je ne m'abuse, elle devait avoir 9 ou 10 ans lorsque, jouant sur la berge d'un ruisseau isolé, elle était tombée dans un creux particulièrement profond. En fait - mais au bout de combien de temps, personne ne l'a jamais su - elle fut sauvée de la mort par un fermier qui, parcourant à cheval un chemin à quelque distance, l'avait vue remonter à la surface; mais pas avant d'être descendue dans les profondeurs abyssales de la mort et d'avoir contemplé ses secrets, aussi loin, peut-être, qu'un oeil humain peut voir avant de se rouvrir à la lumière du jour.

À un instant donné de cette descente, elle se sentit heurtée par un choc violent; un éclat phosphorescent jaillit des globes de ses yeux, et tout aussitôt un formidable théâtre s'instaura dans son cerveau. En un moment, en l'espace d'un clin d'oeil, chaque action, chaque intention de sa vie passée revivait devant elle, se déployant non comme une succession, mais comme les différentes parties d'une coexistence. La lumière qui illuminait tout le trajet de sa vie, en remontant jusqu'aux ombres du premier âge, n'avait d'égale, peut-être, que celle qui fondit sur l'apôtre prédestiné (Saül) sur le chemin de Damas. Pourtant, cet éclair avait momentanément aveuglé le saint, tandis que, pour elle, l'illumination répandait dans sa tête une vision céleste, en sorte que sa pensée était devenue omniprésente et consciente tout à la fois de chacun des multiples aspects de cette revue infinie."



Raymond Moody, lumières nouvelles sur la vie après la vie

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